Francis76 Langue pendue

Inscrit le : 05 Jan 2005 Messages : 166 Village Breton : : Saint Agathon
| Sujet: la légende de Gwenevez (3) Ven 23 Juin - 16:00 | |
| Il s’agenouilla près d’elle, lui caressa le visage en murmurant des mots que Gwenevez ne comprenait pas. C’était des mots magiques, sûrement, car, au fur et à mesure que la vielle femme reprenait vie, son visage se transformait. Les rides s’estompaient , les marques du temps passé disparaissaient, son sourire revenait, son regard devenait de plus en plus pur, ses cheveux retrouvaient leur sombre couleur chatoyante d’autrefois…La vieille Ygerne redevenait en quelques instant la belle jeune femme qu’elle était jadis. Elle ne quittait plus des yeux le jeune chevalier qui caressait toujours son visage en lui souriant tendrement . - Antor, mon Antor, c’est toi ? - C’est moi, ma belle Ygerne. Tu ne rêves pas ! je suis revenu pour t’épouser enfin. - Mais comment cela est possible ? Tant et tant de temps est passé depuis ton départ ! Et maintenant, je suis vieille, bien trop vieille pour t’épouser, toi si beau et si jeune ! - Mais, Ygerne, regarde toi ! Toi aussi tu es jeune et belle ! Et Ygerne découvrit d’abord ses mains : elles étaient fines, d’un teint délicat, aux doigts agiles et mobiles et non plus déformés par les affres de la vieillesse. Elle se redressa, se leva, toute surprise de pouvoir le faire si facilement, sans douleurs ! Son corps, à nouveau, lui obéissait totalement. Elle pouvait à nouveau se tenir droite, marcher sans ressentir la moindre gêne ! Elle avait retrouvé ses vingt ans. Elle se jeta alors dans les bras de son bien aimé et ils s’étreignirent, et s’embrassèrent à n’en plus finir…Les larmes se mêlaient à leurs rires, les mots se perdaient dans leurs baisers, leurs cris se taisaient dans leurs soupirs. Tout à leur immense bonheur, ils ne virent pas le visage de Gwenevez qui s’assombrissait, ses traits qui se durcissaient , le rictus de rage qui se dessinait sur ses lèvres… [URL=http://imageshack.us] [/UR _________________ fr@ncis
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stef Langue pendue

Inscrit le : 30 Déc 2004 Messages : 318
| Sujet: Re: la légende de Gwenevez (3) Sam 24 Juin - 0:55 | |
| vraiment bien la suite... la suite.... |
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Francis76 Langue pendue

Inscrit le : 05 Jan 2005 Messages : 166 Village Breton : : Saint Agathon
| Sujet: La suite pour faire plaisir à Stef ! Sam 24 Juin - 15:59 | |
| Le soir venu, autour du feu et en se délectant des provisions que Antor avait apportées, les explications de celui-ci permirent à Ygerne de tout comprendre. Antor s’était donc rendu à la cour du roi Arthur . D’abord simple écuyer, son courage, son intelligence, son dévouement et son attachement indéfectible au roi et à sa cour firent l’unanimité. Il fut vite adoubé et reçu des mains du roi lui-même son épée et son armure. Lancelot, Perceval, Gauvain, Mordred, Tristan et les autres furent ses amis. Il participa à maintes aventures et à maints combats et jamais son courage et son intelligence ne firent défauts. Apprécié de tous, il le fut encore plus quand il sauva Accolon, dit de Gaule, l’amant de la fée Morgane d’une mort presque certaine. En effet, lors d’une expédition lointaine, Accolon se retrouva sans arme face à un monstre sanguinaire. Sans la témérité d’Antor, il y serait resté. A leur retour, Morgane voulut récompenser Antor et lui accorda la jeunesse éternelle ! Antor ne réalisa pas vraiment à quoi cela pouvait lui servir. Là- bas, au pays, Ygerne , elle, devait vieillir et quand bien même … La reverrait-il un jour, elle, l’amour de sa vie , le seul amour ! Les campagnes arthuriennes l’avait conduit à travers le monde et il avait eut l’occasion de rencontrer de bien belles jeunes filles, princesses ou roturières mais jamais, il n’avait oublié son premier amour. Il lui était resté fidèle, malgré les rencontres et les tentations. Alors, la jeunesse éternelle ? Si c’était pour ne pas retrouver Ygerne… Un jour qu’il errait dans le château, tristement, Merlin l’enchanteur l’interpella : - Alors, Antor, tu sembles bien triste !
Et Antor lui raconta, Ygerne, le temps de sa jeunesse, la colère de son père le vicomte et son départ forcé pour la cour du roi, cet amour impossible mais tellement vrai et tellement fort ! Merlin n’avait pas besoin de toutes ces paroles… Il savait lire dans l’âme des êtres et il savait combien Antor était sincère et malheureux. Il fut sensible à cette histoire et lui qui avait une relation si compliquée avec Morgane, il dit au jeune chevalier : - Rassure –toi ! Tu retrouveras bientôt Ygerne, belle et jeune comme quand tu l’as quittée. Les choses s’arrangeront, crois-moi mais sois patient ! Sois très patient !
Le temps passait, lentement, trop lentement, malgré les nombreuses occupations qu’il avait à la Cour. Un jour, cependant, Arthur le fit venir dans la salle de la Table Ronde - Antor, je vais te confier une mission et tu seras seul pour l’accomplir. Tu vas te rendre dans ton pays, chez ton père, le machtiern Morvan. Tu lui diras de te conduire chez le forgeron Maudez dont on m’a dit bien grand bien. Je lui ai commandé une épée pour le père de mon épouse Guenièvre. C’est bientôt l’anniversaire de Leodegrans et je sais qu’une nouvelle épée lui redonnerait un peu vaillance. Il se fait très vieux, ses forces déclinent et cette épée lui apportera un peu de joie ! Pars donc dès demain pour ce long voyage, sois prudent et accomplis cette mission. Sois de retour dans trente jours et que mes vœux t’accompagnent !
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